mercredi 5 juillet 2017

Lettre du Préposé général à l'OCDS 2017

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« L'espérance ne déçoit pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit  Saint qui nous a été donné. » (Rm 5,5)

Chers Frères et Sœurs de l'Ordre du Carmel séculier

Un salut de paix et de joie dans le Seigneur !

   1. Dans la lettre que je vous ai envoyée l'an dernier, je vous rappelais quelques points essentiels pour la vie de l'OCDS, en réponse à vos suggestions et attentes adressées aux Capitulants à l'occasion du Chapitre Général de 2015. Cette année, à l'approche de la fête liturgique de la Pentecôte, je voudrais proposer à votre attention le thème sur lequel l'Église demande à tous un plus grand engagement : la mission d'évangéliser, d'être une « Église en sortie » marquée de la joie de l'Évangile. « Comme je voudrais trouver les paroles pour encourager une période évangélisatrice plus fervente, joyeuse, généreuse, audacieuse, pleine d'amour profond, et de vie contagieuse ! » (François, Evangelii gaudium = EG, 261) Paroles que je fais miennes !

C'est dans l'Évangile que nous trouvons le témoignage de l'amour « salvifique de Dieu manifesté en jésus Christ mort et ressuscité », source profonde et toujours actuelle de notre espérance. (cf. EG, 20-24.36) Il confie aux disciples de tout temps et tout lieu le mandat missionnaire (Mt 28, 18-20 ; Mc 16,15) et envoie l'Esprit Saint comme force de témoignage, jusqu'à ce que son message parvienne aux extrémités de la terre (Ac 1, 8) Ainsi, en rappelant aujourd'hui le début de la mission de l'Église et la raison de son existence (cf. Paul VI, Evangelii Nuntiandi = EN, 14), nous demandons la force de l'Esprit Saint, afin qu'elle soit continuellement sanctifiée et rajeunie (LG, 4) et qu'elle soit l'instrument du Royaume de Dieu en tout temps. « À la Pentecôte, l'Esprit fait sortir d'eux-mêmes les Apôtres et les transforme en annonciateurs des grandeurs de Dieu, que chacun commence à comprendre dans sa propre langue. L'Esprit Saint, de plus, infuse la force pour annoncer la nouveauté de l'Évangile avec audace (parresia), à voix haute, en tout temps et en tout lieu, même à contre-courant. » (EG, 259 ; EN, 75)

Puisque « c'est l'Esprit Saint qui fait que les baptisés sont fils ou filles de Dieu et en même temps membres du Corps du Christ » (Christifideles laici = CL,11), avec la grâce des sacrements du Baptême et de la Confirmation, il les appelle à vivre dans la dignité de la filiation divine et à la sainteté, à être des « pierres vivantes » (1 P 2,5), dans le peuple de Dieu, en participant à la mission de l'Église selon les vocations et les différents ministères de commune dignité. (cf. LG, 32) En même temps l'Esprit du Ressuscité « transforme nos cœurs et nous rend capables d'entrer dans la communion parfaite de la Sainte Trinité où tout trouve son unité. Il construit la communion et l'harmonie du Peuple de Dieu. L'Esprit Saint lui-même est l'harmonie, de même qu'il il est le lien d'amour entre le Père et le Fils. » (EG, 117)

Au long des siècles, l'Église garde vivante la mémoire du Seigneur, consacré et envoyé par le Père (Jn 10,36). Aujourd'hui avec la force du même Esprit, nous aussi, nous suivons les traces de Jésus, en construisant le Royaume commencé par Lui, avec la prière et avec les oeuvres, soutenus par Sa présence fidèle dans l'Eucharistie. C'est là en effet que laïcs, consacrés et ministres ordonnés trouvent la force et le soutien de leur propre vocation et mission, en même temps que se construit l'unité entre eux, dont l'Eucharistie est la source.

   2. Enracinés dans le charisme du Carmel thérésien, les membres de l'Ordre Séculier, partagent la mission de manifester le Royaume dans la réalité séculière (LG, 31; CL, 15) Ici ils cherchent la perfection évangélique et la sainteté selon le charisme du Carmel thérésien et ils se mettent au « service du projet de Dieu » (Const. chap. IV), en rendant présent Dieu, l'Église et l'Ordre au milieu de l'histoire du monde. Ici ils cherchent à insérer l'amour éternel du Christ, qui comme Verbe incarné assuma la réalité de l'histoire (LG, 8), en aimant jusqu'au bout. Seul l'amour infini de la Trinité manifesté en Jésus explique l'abaissement du Fils de Dieu dans notre histoire, en rendant possible de « rendre amour pour amour ».

Ce don d'amour gratuit nous ouvre à l'union avec Dieu, puisque c'est au moyen de la vertu de charité qu'on s'unit à Dieu (Cf. La Vive Flamme d'amour 1,13) La charité donne sens à toutes les activités, charismes, vocations et actions dans l'Église. (Cf. 1 Cor 13 ; Thérèse de l'Enfant-Jésus, Ms B) Par son moyen, le Royaume de Dieu se construit et fait vivre le quotidien en esprit d'oblation : « Toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leur détente d'esprit et de corps, si elles sont vécues dans l'Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie, pourvu qu'elles soient patiemment supportées, tout cela devient « offrandes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus Christ » (cf. 1 P 2,5), et dans la célébration eucharistique, rejoint l'oblation du Corps du Seigneur pour être offert en toute piété au Père. C'est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu par la sainteté de leur vie un culte d'adoration. » (LG, 34)

   3. Par conséquent, la première forme d'apostolat des membres de l'OCDS est d'être témoins de la présence de Dieu et de son amour selon leur propre état de vie dans le milieu où ils vivent (Const. 25 ; cf. Épilogue). Avec les engagements assumés par la Promesse, vous êtes des porteurs de la vie de l'Évangile dans la famille, dans le travail professionnel et dans les rapports sociaux. Toutes vos actions, si elles sont vécues avec honnêteté et compétence, dans la loyauté et le respect, vous aident à chercher la sainteté de vie. (Const. 11) Ainsi « vous consacrez le monde », en étant « divinisateurs » des réalités temporelles. (Cf. Élisabeth de la Trinité, Le Ciel dans la foi 3.40) Cette attitude est possible lorsqu'elle est nourrie par une authentique vie de prière qui conduit à accomplir des « œuvres » au service du Seigneur. Ce faisant, vous imitez le Christ, le Verbe incarné qui travailla avec des mains humaines et sanctifia les relations humaines. (cf. GS, 22.32)

   4. A côté du témoignage personnel, la vie fraternelle dans les communautés revêt une importance particulière. Tous y sont appelés à renforcer les liens et les objectifs communs, ceux « d'une foi confessée dans l'adhésion à la Parole de Dieu, célébrée dans les sacrements, vécue dans la charité, qui est comme l'âme de l'existence morale chrétienne. » (CL, 33) Quand existe une vraie communion fraternelle, « la communion s'ouvre à la mission, elle se fait elle-même mission» (CL, 31) et devient « attrayante et lumineuse. » (EG, 99)

   5. L'Ordre Séculier en tant qu'association publique de fidèles a la responsabilité de proclamer fidèlement la foi au nom de l'Église. C'est une responsabilité qui demande une bonne formation doctrinale et spirituelle (Const. 35), qui rende chaque membre habile à la mission et au dialogue avec le monde. En ce sens, je réitère l'importance de l'engagement personnel de la formation. (cf. CL, 57) De plus, une bonne activité de formation dans les communautés pour renforcer l'identité des membres, comme aussi l'action des Conseils provinciaux dans l'organisation formatrice de chaque Province sont plus que jamais nécessaires. Nous pouvons voir que cette mission fondamentale à l'intérieur des communautés et des Province favorise la maturité humaine, chrétienne et carmélitaine (cf. Ratio Institutionis OCDS 13-15) des membres et des Communautés, qui ensuite se transformera en mission.

   6. Un thème particulièrement important dans l'exercice de la mission est la collaboration de l'OCDS avec les frères et les moniales. En des temps difficiles il est nécessaire d'être des « amis forts de Dieu » pour se soutenir réciproquement, comme le voulait notre Sainte Mère. (cf. Vie 15,5 ; 16,7) Dans plusieurs pays et provinces où elle existe déjà, la collaboration porte de bons fruits. Dans d'autres, elle a besoin de croître ou de commencer. Mais dans l'un et l'autre cas, pour que cette collaboration soit efficace, il y a besoin de reconnaître la fondamentale égalité et dignité de tous ceux qui sont appelés au Carmel thérésien. Toutes les trois branches de l'Ordre, dans la spécificité et dans la complémentarité de chacun des états de vie, cherchent l'union avec Dieu dans la vie fraternelle, qui conduit à la mission. Ces expressions différentes de vivre le même charisme selon l'état de vie, chacune restant fidèle à sa propre spécificité, s'enrichissent et se complètent l'une l'autre. Toutes les trois doivent avoir comme fin la construction du Royaume et le service de l'Église, et s'entraider. En ayant ce but commun, on évite de tomber dans la tentation de lutter pour le pouvoir ou pour la suprématie. Si nous voyons dans cette diversité l'expression des dons de l'Esprit pour le bien de toute Église, alors elle sera une manifestation de communion et d'unité, qui en elle-même est déjà évangélisatrice. (cf. CL, 32)

   7. En plus de l'aspect que j'ai décrit ci-dessus, je voudrais attirer l'attention sur le domaine dans lequel je crois que l'Ordre séculier doit croître la collaboration dans les missions de l'Ordre. Quelques expériences valables ont été réalisées. Beaucoup ne peuvent pas le faire pour des raisons de famille ou de travail, d'âge ou économiques. Cependant, il serait beau que quiconque a la possibilité de le faire se dispose à aller au-delà de ses propres frontières et de ses commodités, pour partager la foi et témoigner la joie de l'Évangile, ou bien pour apporter sa compétence professionnelle en des lieux où il y en a besoin, pour un peu de temps, peut-être en profitant des vacances. Prions l'Esprit Saint à cette intention et rendons-nous disponibles ! L'exemple de notre sainte Mère Thérèse nous encourage, elle qui alla à la rencontre des besoins de l'Église de son temps et chercha à faire « le peu » qui était à sa portée. Elle fit confiance à Dieu et avec l'aide des amis, elle collabora à l'œuvre de renouveau de l'Ordre et de l'Église. (cf. Chemin 1,3; Vie 32,11 ; Fondations 1,7)

   8. En ce qui concerne la mission dans le domaine social ou des œuvres de miséricorde, je sais que certains d'entre vous sont engagés dans des fondations ou d'autres associations qui poursuivent ce but dans vos villes. Il est certain que la vertu de la charité est concrète et agit avant tout pour ceux qui nous sont proches. (cf. 7èmes Demeures 4,14-15) Il est certain aussi qu'en de nombreux endroits l'énormité des besoins, des carences et des injustices sociales peut nous exposer au découragement. C'est pourquoi il est bon de rappeler que nous sommes un humble instrument entre les mains de Dieu, qui cherche en lui la force et « fera ce qu'il lui est possible de faire et, humblement, confiera le reste au Seigneur ; que « Dieu tient le monde entre ses mains et que malgré toutes les obscurités il triomphe... La foi, qui prend conscience de l'amour de Dieu qui s'est révélé dans le cœur transpercé de Jésus sur la croix, suscite à son tour l'amour. Il est la lumière - en réalité l'unique - qui illumine sans cesse à nouveau un monde dans l'obscurité et qui nous donne le courage de vivre et d'agir. L'amour est possible, et nous sommes en mesure de le mettre en pratique parce que nous sommes créés à l'image de Dieu. Par la présente Encyclique, voici à quoi je voudrais vous inviter : vivre l'amour et de cette manière faire entrer la lumière de Dieu dans le monde. » (Benoit XVI Deus Caritas est, 35. 39)

   9. J'adresse une pensée toute spéciale aux membres de l'OCDS qui sont âgés, malades et souffrants, ou bien qui soignent des membres de leur famille dans ces situations et ne peuvent pas se dédier aux oeuvres extérieures d'apostolat parce qu'empêchés par leur condition. Comme les autres membres en activité, vous nous rappelez que « l'amour est l'unique moteur de la mission » (RM 60) et que vous êtes aussi appelés à vous unir par votre amour aux souffrances de Christ, en offrant votre souffrance pour la rédemption du monde (cf. Col 1,24), en priant et en vivant dans l'intercession pour la mission de l'Église et de l'Ordre. Vous témoignez ainsi de « la force missionnaire de l'intercession » et vous êtes porteurs « de la joie de l'Esprit Saint au milieu de bien des épreuves » (1 Th 1, 6), avec la force qui vient du Christ crucifié et ressuscité. (cf. EG, 281-283 ; CL, 53 ; RM, 78)

   10. L'apostolat caractéristique du Carmel Thérésien est la promotion de la vie spirituelle. (cf. Const. 28) C'est un champ de la mission où beaucoup d'entre vous agissent avec engagement et générosité, soit dans la prédication de retraites, soit dans la collaboration aux divers services dans les maisons adonnées à ce but, ou aussi par des publications et le partage de rencontres spirituelles ouvertes à tous. En ce sens il y a beaucoup d'initiatives précieuses et importantes de collaboration avec les autres branches de l'Ordre pour répondre à des besoins largement ressentis à notre époque, comme l'initiation à la prière, au silence, à une vie contemplative. Ceci permet de porter d'une manière nouvelle le message du salut selon le charisme thérésien-sanjuaniste.

   11. J'encourage ceux qui offrent leur service pastoral aux paroisses, où ils collaborent activement avec les curés et les autres groupes paroissiaux, pour leur offrir la possibilité de partager avec vous des moments de prière et des conférences pour connaître la doctrine de nos Saints ou bien pour promouvoir la vie spirituelle en créant des petits groupes de prière dans le style thérésien. Ce faisant, comme le conseille la sainte Mère Thérèse, vous pouvez réveiller chez les autres « le bien de l'oraison fondée sur l'humilité », qui les conduira à l'amitié avec Jésus. (Vie 10,4; cf. Chemin 20, 3-6)

   12. L'évangélisation du monde de la culture, avec tous ses défis et ses ambiguïtés, vous appelle à être présents, « guidés par le courage et la créativité intellectuelle, dans les postes privilégiés de la culture, comme le sont le monde de l'école et de l'université, les centres de la recherche scientifique et technique, les lieux de la création artistique et de la réflexion humaniste. » (CL 44 ; cf. EG 132-134) De ce monde fait partie le monde complexe des instruments et moyens de communication sociale (web, télévision, journaux, revues, etc.), dans lesquels beaucoup d'entre vous sont engagés pour la diffusion de la doctrine et des écrits de nos Saints. À tous les hommes et avec tous les moyens on doit apporter le message sauveur du Christ selon le charisme thérésien, en proclamant la vérité de son Évangile comme source de liberté et de dignité pour chaque personne humaine, de vie pleine, d'unité et de rencontre en Christ dans la grande variété des expressions culturelles des pays et des ethnies.

   13. Le témoignage d'une vie en Dieu dans la vie familiale revêt une importance particulière. Si souvent elle est vécue dans le silence et le dévouement à la famille, à la manière de la Vierge Marie - et avec elle, de saint Joseph - : « tandis qu'elle menait sur terre une vie semblable à celle de tous, remplie par les soins et les labeurs familiaux, Marie demeurait toujours intimement unie à son Fils et coopérait à l'œuvre du Sauveur à un titre absolument unique. » (Décret de Vatican II sur l'apostolat des laïcs, Apostolicam Actuositatem, 4) Malgré la crise de l'institution familiale et des liens sociaux, le membre du Carmel séculier est appelé ici à témoigner en profondeur sa vie de foi, d'espérance et de charité comme nous l'enseignent nos Saints. Ensuite par l'activité pastorale vous êtes appelés à traduire la spiritualité sponsale de nos Saints fondateurs dans la vie conjugale. Tant de couples trouvent dans les communautés OCDS l'inspiration et la force pour vivre leurs engagements matrimoniaux et la mission à l'intérieur de leur famille comme à l'extérieur, en collaborant dans la pastorale familiale des paroisses, ou bien dans d'autres mouvements qui s'y consacrent. Nous avons les claires indications du Magistère de l'Église pour la pastorale et pour une spiritualité conjugale et familiale, spécialement au chapitre 9 de l'exhortation post-synodale Amoris Laetitia du Pape François. Ces indications en union avec notre spiritualité donneront de bons fruits à vos familles, comme aussi à l'engagement évangélisateur des familles.

   14. L'action pastorale dans le domaine de l'écologie trouve aussi un soutien dans la spiritualité du Carmel thérésien. Avant tout par le témoignage d'une vie vécue dans la sobriété, en harmonie avec l'esprit des Béatitudes et avec la Promesse de vivre selon les conseils évangéliques. Ensuite dans le domaine des rapports sociaux, « l'exemple de sainte Thérèse de Lisieux nous invite à pratiquer la petite voie de l'amour, à ne pas perdre l'occasion d'un mot aimable, d'un sourire, de n'importe quel petit geste qui sème paix et amitié. Une écologie intégrale est aussi faite de simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l'exploitation, de l'égoïsme. En attendant, le monde de la consommation exacerbée est en même temps le monde du mauvais traitement de la vie sous toutes ses formes. » (Laudato si, 230) En outre les écrits de nos saints nous offrent des exemples où la création est source de prière, de contemplation de la main du Bien-aimé l'Aimé qui l'a revêtue de beauté. (cf. Saint Jean de la Croix, Cantique spirituel, 5)

   15. Un mot sur les jeunes. Dans le domaine juvénile il y a aussi quelques expériences valables et intéressantes de collaboration entre les trois branches de l'Ordre en impliquant les jeunes, avec de bons fruits. L'Exhortation apostolique Evangelii gaudium recommande « d'écouter les jeunes et les personnes âgées. Les deux sont l'espérance des peuples. Les personnes âgées apportent la mémoire et la sagesse de l'expérience, qui invite à ne pas répéter de façon stupide les mêmes erreurs que dans le passé. Les jeunes nous appellent à réveiller et à faire grandir l'espérance, parce qu'ils portent en eux les nouvelles tendances de l'humanité et nous ouvrent à l'avenir, de sorte que nous ne restions pas ancrés dans la nostalgie des structures et des habitudes qui ne sont plus porteuses de vie dans le monde actuel. » (EG, 108) En général un engagement pour eux dans l'OCDS devient plus difficile quand les communautés ont leurs rencontres à des jours ou à des horaires où les jeunes étudient ou travaillent. Une plus grande ouverture à eux serait souhaitable dans les communautés. Il est souhaitable aussi, à la lumière de la spiritualité de nos jeunes Saintes et Bienheureuses (Thérèse de l'Enfant-Jésus, Thérèse de Los Andes, Thérèse-Marguerite, Élisabeth de la Trinité, Elle de Saint-Clément, etc.), de prendre des initiatives dans cette direction, de même aussi des projets motivés par le prochain synode des Évêques de 2018, dont le thème est les jeunes, la foi et le discernement de la vocation.

   16. Toutes ces possibilités et ces exemples d'action évangélisatrice que j'ai cités ne se veulent pas exhaustifs et n'en excluent pas d'autres qui existent dans les communautés et les Provinces répandues dans le monde entier et qui sont définis dans les Statuts particuliers. Il y en a un très grand nombre, et de tout cela nous remercions Dieu. Mais nous restons ouverts à ce que l'Esprit Saint est capable de susciter, en réponse aux besoins des temps et des lieux où nous vivons. En ce sens je soulignerais l'irremplaçable action missionnaire de personne à personne, qui conduit à rencontrer l'autre pour lui communiquer Jésus et la joie de son Évangile. (cf. EG, 88) Alors on fait l'expérience que « Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui. Il ressent Jésus vivant avec lui au milieu de l'activité missionnaire. » (EG, 266)

   17. Sur ce chemin, les témoignages de nos Saints fondateurs nous éclairent, comme nous l'a rappelé le Message du Chapitre Général de 2015 : « Sainte Thérèse, mère et maîtresse du Carmel, et saint Jean de la Croix nous accompagnent sur cette route, celle que le Christ a enseignée à ses disciples : "De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux"(Mt 5,16). "Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire... Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples". » 15, 5.8) (Message du Chapitre général 2015, 7)

   18. Enfin, nous sommes appelés à apprendre de la Très Sainte Vierge Marie son style d'évangélisation. (cf. EG, 287-288) Un style fait de foi, de docilité à l'Esprit Saint conduisant à servir dans l'humilité et dans la charité, vécu dans l'espérance au milieu des nuits et des souffrances. Un style fait aussi de hâte pour apporter Jésus aux autres. (Lc 1,39) En tout, Marie nous oriente comme Mère et grande Sœur à observer les paroles de son Fils (cf. In 2,5), par la constante méditation des événements dans le cœur pour vous découvrir les signes de Dieu. (cf. Lc 2,19.52) Marie est un modèle pour vivre « la dynamique de justice et de tendresse, de contemplation et de marche vers les autres..., un modèle ecclésial pour l'évangélisation. » (EG, 288) Avec elle, nous prions l'Esprit Saint « de nous éclairer, de nous guider, de nous orienter, et de nous conduire où il veut. » (EG 280)

Avec un cher et fraternel salut je vous bénis ainsi que ceux qui vous sont chers.

Rome le 4 juin 2017 - Dimanche de Pentecôte

Fr. Saverio Cannistrà OCD,  préposé général