mardi 29 août 2017

Sainte Teresa de Calcutta et sainte Thérèse de Lisieux

Le 4 septembre 2016, toute l'Église du ciel et de la terre a célèbré dans la joie et l'allégresse la canonisation de Mère Teresa. Si la vie de la nouvelle sainte présente de très nombreuses similitudes avec saint François d'Assise, quelques parallèles avec sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus peuvent également été relevés.

Petite fleur


Mère Teresa est née le 26 août 1910 de parents albanais à Skopje en Macédoine. Son nom de baptême est Gonxha Agnès (Bojaxhiu). Gonxha signifie «petite fleur» ou «bouton de rose». Lorsqu'elle prononça ses voeux dans la congrégation des sœurs de Lorette, elle reçut le nom de Thérèse de Lisieux, sainte qui s’est offerte à Jésus pour être « sa petite fleur».

Petite voie


Carmes Déchaux Mère TeresaComme sa sainte patronne, Mère Teresa aspirait à «profiter de toutes les plus petites choses et à les faire par amour ». Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus enseigne la spiritualité de la « voie de l’enfance spirituelle » vécue dans un esprit d'abandon, de confiance et de don de soi absolu. Elle se comparaît à la «petite balle de l’Enfant-Jésus», au «petit jouet de Jésus » ou encore au «pinceau que la main de Jésus saisit avec amour». Mère Teresa de son côté se considérait comme un «petit bout de crayon avec lequel Dieu peut écrire ce qu'il veut». Dieu est l'Artiste ou l'Écrivain et son amour peut se manifester pleinement en ses instruments de choix libres et dociles que sont les saints,. Dans le même esprit, notons également que toutes deux avaient pris la résolution de ne jamais rien refuser à Jésus.

Missions


Si Thérèse de Lisieux ne put jamais partir en missions, elle portait intensément les missionnaires par sa prière et l’offrande de sa vie, à un point tel qu'elle fut proclamée co-patronne des missions sans jamais sortir de son Carmel. Mère Teresa était animée d'une soif ardente «d'aller apporter la vie du Christ à l'humanité». Toutes deux, chacune à leur manière réalisèrent une vocation similaire d’apporter l'amour de Dieu au monde.

La soif de Jésus (cf Jn 19,28)


Ce qui rassemble encore profondément Thérèse et Teresa semble être cet inaltérable désir de consoler Notre Seigneur Jésus Christ de l’indifférence de tant de gens, d'étancher sa soif d’amour, de l’aimer dans les autres en se laissant aimer par Lui, de s’ouvrir aux flots de tendresse qui sont refoulés dans son cœur parce que cet amour n’est pas accueilli comme il le devrait. Le cri de Jésus, mentionné à plusieurs reprises dans leurs écrits respectifs, a été déterminant dans chacune de leurs vies.

La nuit obscure de l'âme


Mère Teresa Carmel
Après sa béatification, le père Brian Kolodiejchuk, M. C., postulateur de sa cause de canonisation a publié les «Écrits intimes» de la sainte de Calcutta : «Mère Teresa. Viens, sois ma lumière». Cet ouvrage qui sonde les profondeurs de la vie intérieure de Mère Teresa montre comment, depuis des décennies, elle a connu ce qui est décrit comme une «nuit obscure de l'âme» dans la spiritualité chrétienne. Elle pouvait avoir l'impression que Dieu l'avait abandonnée. Paradoxalement l'intimité de sa relation à Jésus ne cessa de d'approfondir, malgré l'aridité qui accompagnait désormais sa prière au lieu de la douceur d'autrefois. La nuit de l'épreuve de la foi qu’a vécue sainte Thérèse de l'Enfant Jésus durant les dix-huit derniers mois de sa courte vie nous est bien connue. Elle a accepté cette grande obscurité spirituelle avec amour et sans aucune plainte. Elle témoignait durant ses pénibles moments que sa « confiance n’est pas diminuée, au contraire ».

Remarquons bien que ce ne sont pas que ce ne sont pas les souffrances qui font les saints mais l’amour avec lequel ils ont supporté ces souffrances.
D’autres points de contact pourraient encore être établis entre ces deux saintes, entre autres au sujet de l’abandon, par exemple...
Voici un dernier exemple pour conclure. Thérèse de Lisieux indiquait dans une de ces lettres « Ne croyons pas pouvoir aimer sans souffrir ». Mère Teresa de son côté disait qu’il faut « aimer jusqu’à en avoir mal ». Puisse l'intercession de ces deux saintes nous embraser toujours plus de la charité du Christ.