samedi 27 avril 2019

Appelés à la confiance en la Miséricorde Divine

Icône Miséricorde Avec sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et sainte Faustine


Voici un extrait de la conférence de Mgr Albert-Marie de Monléon, donnée à Lisieux en février 2010, lors du 2ème Congrès national de la Miséricorde, qui évoque l’appel à vivre la confiance en la Miséricorde, à l’école de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de Sainte Faustine.

"Le Seigneur a suscité sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et sainte Faustine pour faire découvrir, à l’Église et au monde des XXe et XXIe siècles, l’abîme de son Amour et de sa Miséricorde envers les hommes.

S’il y a des différences distinctives entre elles,Thérèse et Faustine se ressemblent sur bien des points. Elles sont de jeunes religieuses, habitées par la simplicité, l’humilité, la droiture, la franchise, un esprit vif et observateur, une joie de vivre. Elles ont connu, l’une et l’autre, des moments 'des plus épaisses ténèbres'. L’une et l’autre sont mortes de la tuberculose dans de grandes souffrances.

Thérèse, patronne des Missions avec saint François Xavier, n’a jamais quitté son Carmel, et ses écrits sont connus dans le monde entier. Faustine, Apôtre de la Miséricorde, n’a pas quitté l’espace limité des quelques maisons de sa Congrégation où elle a séjourné ou vécu, et son message est en train de se répandre largement sur les cinq continents.

Notons aussi que sainte Faustine Kowalska aurait voulu entrer au Carmel mais sa santé l'en empêcha. Elle a lu l'Histoire d'une âme et a été marquée par Sainte Thérèse de Lisieux, dont elle relate une apparition en rêve en pages 98-99 de son Petit Journal.

S’il est un point commun particulièrement significatif et omniprésent chez nos deux sœurs c’est l’appel à la confiance absolue en la bonté et la miséricorde de Dieu."

Chez sainte Thérèse :


Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l’abandon et la reconnaissance (MsB 1v°).

Ce qui lui plaît (au Bon Dieu) c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde… Voilà mon seul trésor. (LT 197).

C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour. (Ibid. v°)

A tout péché miséricorde,... (LT 147)

Ah! mon frère, comme moi vous pouvez chanter les miséricordes du Seigneur, (Ps 89,2) elles brillent en vous dans toute leur splendeur... Vous aimez st Augustin, Ste Madeleine, ces âmes auxquelles " Beaucoup de péchés ont été remis parce qu'elles ont beaucoup aimé ". (Lc 7,47) Moi aussi je les aime, j'aime leur repentir, et surtout... leur amoureuse audace! Lorsque je vois Madeleine s'avancer devant les nombreux convives, arroser de ses larmes les pieds de son Maître adoré, (Lc 7,36-38) qu'elle touche pour la première fois; je sens que son cœur a compris les abîmes d'amour et de miséricorde du Cœur de Jésus, et que toute pécheresse qu'elle est ce Cœur d'Amour est non seulement disposé à lui pardonner, mais encore à lui prodiguer les bienfaits de son intimité divine, (Lc 10,39) à l'élever jusqu'aux plus hauts sommets de la contemplation.
Ah! mon cher petit Frère, depuis qu'il m'a été donné de comprendre aussi l'amour du Cœur de Jésus, je vous avoue qu'il a chassé de mon cœur toute crainte. (1Jn 4,18)
Le souvenir de mes fautes m'humilie, me porte à ne jamais m'appuyer sur ma force qui n'est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d'amour.
Comment lorsqu'on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l'Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour? (LT 247)

O Jésus! que ne puis-je dire à toutes les petites âmes combien ta condescendance est ineffable... je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s'abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie. On pourrait croire que c'est que c'est parce que je n'ai pas péché que j'ai une confiance si grande dans le bon Dieu, Dites bien, ma Mère, que, si j'avais commis tous les crimes possibles j'aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d'offenses serait comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent. (Carnet Jaune)

Au verso d’une image, la dernière qu’elle ait peinte et qu’elle envoie quelques semaines plus tard à l’Abbé Bellière (août 1897), Thérèse écrit : Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit…je l’aime ! … car Il n’est qu’amour et miséricorde. (LT 266).


Chez sainte Faustine, comme en écho :


Dieu unique en la Sainte Trinité, je désire T’aimer plus que personne ne T’a jamais aimé, et malgré ma misère et ma petitesse, j’ai ancré ma confiance à une grande profondeur dans l’abîme de Ta miséricorde, mon Dieu et mon Créateur. Malgré ma grande misère, je n’ai peur de rien, mais je garde l’espoir de chanter éternellement mon chant de louange. (PJ 283).

Parmi tant d’autres passages : Ma confiance dans son Cœur très miséricordieux est sans bornes (PJ 244).
Et le Seigneur lui dit : Je me complais particulièrement dans l’âme qui fait confiance à ma bonté (PJ 1541).
Je veux répandre mes grâces inconcevables sur les âmes qui ont confiance en ma miséricorde (PJ 687).

Je suis toute petite, je n’ai rien fait de grand pour Lui (Jésus) de toute ma vie, mais j’ai toujours eu confiance en Son amour. (Lettre à Sœur Ludwina, 1938 ; Les lettres de sainte Faustine, Téqui, 2007, p. 161).


Cet appel à la confiance la plus radicale, la plus inconditionnée en la bonté et la miséricorde de Dieu, de Jésus, est sans doute ce qui définit le plus le message commun de Thérèse et de Faustine.

Ce qui caractérise Faustine et Thérèse devant l’immensité et la majesté de Dieu et de son Amour c’est le sentiment de leur petitesse, de leur impuissance, et au lieu de se détourner de cette splendeur inaccessible et pourtant incroyablement attirante, elles se jettent en Lui à corps perdu, dans l’abandon et la confiance sans cesse renouvelés.