mercredi 30 mai 2018

Poème eucharistique de ste Thérèse de l'Enfant-Jésus

Introduction PN 25
Dans ce poème eucharistique, liturgique, Thérèse ne laisse pas l'inspiration prendre son vol. C'est une méditation au ton très sobre, axée sur les objets du culte traités comme des mots ou des images de l’Écriture. Dans la dernière strophe seulement, elle laisse éclater amour et enthousiasme. La foi de Thérèse lui fait découvrir le moyen de réaliser ses « désirs »: « Mais je puis... » Elle n'a pas à « envier » la clef du tabernacle, la lampe, la pierre d'autel, les vases sacrés. Elle a, elle "est" incomparablement plus que ces objets inanimés. C'est comme victime, même si le mot n'est pas prononcé, que l'« épouse » s'associe au sacrifice, avec « ravissement ».

Ste Thérèse EJ
Petite Clef, oh je t'envie! Car tu peux ouvrir chaque jour
La prison de l'Eucharistie Où réside le Dieu d'Amour.
Mais je puis, ô quel doux miracle! Par un seul effort de ma foi
Ouvrir aussi le tabernacle M'y cacher près du Divin Roi...

Je voudrais dans le sanctuaire Me consumant près de mon Dieu
Toujours briller avec mystère Comme la Lampe du Saint Lieu....
Oh! bonheur... en moi j'ai des flammes Et je puis gagner chaque jour
A Jésus un grand nombre d'âmes Les embrasant de son amour...


Eucharistie A chaque aurore, je t'envie, O Pierre Sacrée de l'Autel!
Comme dans l'étable bénie Sur toi veut naître l’Éternel
Ah! daigne exaucer ma prière Viens en mon âme, Doux Sauveur
Bien loin d'être une froide pierre Elle est le soupir de ton Cœur!

O Corporal entouré d'anges! Qu'il est enviable ton sort
Sur toi comme en ses humbles langes Je vois Jésus mon seul trésor
Change mon coeur, Vierge Marie En un Corporal pur et beau
Pour recevoir la blanche hostie, Où se cache ton Doux Agneau.

Eucharistie Sainte Patène, je t'envie Sur toi Jésus vient reposer
Oh! que sa grandeur infinie Jusqu'à moi daigne s'abaisser
Jésus comblant mon espérance De ma vie n'attend pas le soir
Il vient en moi; par sa présence Je suis un vivant Ostensoir!

Oh! que j'envie l'heureux Calice Où j'adore le Sang divin
Mais je puis au Saint Sacrifice Le recueillir chaque matin.
Mon âme à Jésus est plus chère Que les précieux Vases d'or
L'Autel est un nouveau Calvaire Où pour moi son Sang coule encor...

Jésus, Vigne sainte et sacrée, Tu le sais, ô mon Divin Roi
Je suis une grappe dorée Qui doit disparaître pour toi
Sous le pressoir de la souffrance Je te prouverai mon amour
Je ne veux d'autre jouissance Que de m'immoler chaque jour.

Ah! quelle joie, je suis choisie Parmi les grains de pur Froment
Qui pour Jésus perdent la vie Bien grand est mon ravissement!
Je suis ton épouse chérie, Mon Bien-Aimé, viens vivre en moi
Oh! viens, ta beauté m'a ravie Daigne me transformer en Toi!